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 A côté des morts. So Wild!

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Gabrielle Queensbury
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Gabrielle Queensbury

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MessageSujet: A côté des morts. So Wild!   A côté des morts. So Wild! Icon_minitimeLun 30 Juin - 20:57

Au petit matin, le vent soufflait avec tendresse entre les feuillages des arbres. Le calme régnait en maître sur le Schéol, jusqu’au moment où un bâillement déchira le silence. Le fauve somnolant du haut de son tronc juste au dessus du marécage, regardait d’un air las les cadavres des vivants flotter à la surface. La fourrure sombre du félin faisait penser au fond des eaux, deux yeux d’un bleu clair brillaient à la lueur de la lumière. Une patte forte et délicate à la fois pendouillait dans le vide, la queue battant de droite à gauche marquait l’ennuie de la créature.
Fixant son reflet, sous les eaux troubles « bougeaient » des corps inertes dû aux quelques vagues abyssaux du marécage. Son ventre gonflait et se dégonflait au rythme de sa respiration. Reposant son museau sur sa patte encore sur le tronc, elle entendit des pas s’approcher; il s’agissait de deux âmes apportant une nouvelle carcasse d’un vivant mort dans les lieux. Cette scène était devenue habituelle pour le félin, aussi bien qu’il n’en fit plus vraiment attention.

Le corps baigné dans l’eau, s’enfonça doucement dans le font du marais. Il finira bien par remonter un moment ou un autre. Le félin se demanda s’il l’Ombre avait déjà quitter son enveloppe charnelle. Dans tous les cas, ce n’était pas ça qui allait faire un repas équilibré pour la panthère.
Après une bonne heure, elle décida enfin de descendre de l’arbre, mais pour mieux se rapprocher de l’eau sombre. D’une patte fine, elle tapota la surface du marécage, formant des cercles de vagues fragiles et éphémères. Ephémère comme une vie de vivants … Baissant la tête sur le côté, le visage d’un mort était juste en dessous d’elle. Aussi pâle que blanc, les yeux ouverts, la figure de cet homme rappelait quelque chose à l’animal. Mais sans plus, alors d’un coup de patte elle le repoussa plus loin. Prenant appuis sur ses membres antérieurs, elle baissa la tête vers l’eau pour y glisser sa langue. Plusieurs coups rapides suffisent pour qu’elle se rafraîchisse complètement. Il fallait dire qu’il ne faisait pas si froid. En d’autre terme : il faisait chaud.

Deuxième bâillement, l’animal retourna se lover sur sa branche. Un petit oiseau passait tranquillement battant l’aile … En un rien de temps, une forte mâchoire vint se refermer sur se petit corps fragile. L’oiseau se débattit en poussant des cris de plaintes. Recrachant le volatil baveux entre ses pattes, pas très comestible non plus, et puis, tellement mignon à regarder. L’invité ne resta pas plus longtemps, en un battement d’aile, le voilà déjà maître du ciel. Ronchonnant un peu, la jeune femelle reposa sa tête entre ses pattes. Fermant les yeux, elle se laissa bercé par le vent.

Des pas approchèrent, et quels pas ! Le félin les connaissait très bien. Il se redressa à toute vitesse pour monter plus haut sur son arbre et se cacha derrière l’épais feuillage.

« Gabrielle ?! »

C’était la grand-mère. Gabrielle ne voulait pas être déranger aujourd’hui. Et qui de mieux que son « âme de grand-mère » était mieux placer pour lui demander des services ?

« Je t’ai vu, Gabrielle, descend de là ! »

Le félin hésita un instant, mais fini par obéir. Planquant ses oreilles vers l’arrière en signe de mécontentement. Grondant entre ses crocs son envie de rester seul. La vieille femme s’approcha de lui en le frappant sur le museau.

« Arrête de râler ! Et va me chercher Martin, se vagabond c’est encore échappé »

Martin c’était le petit cousin éloigné de Gabrielle. Infernal gamin qui suivait d’ordinaire la jeune fille partout. Une jeune fille ? Bien entendu, le félin reprit sa forme initiale de jeune femme. Elle soupira un instant.

« D’accord … »

A noté que cette âme avait la particularité de se transformer comme bon lui semblait en animaux. Une fois que la vieille harpie s’en alla, Gabrielle lança un regard mauvais dans son dos et une fois qu’elle était sûre d’être seule. Repris la forme du félin en retournant paresser sur la branche. Que voulez-vous, c’est si dur d’être une âme. Bref. Décidant de ne pas partir à la chercher du gamin, elle resterait donc là. Du moins, tant que l’envie de bouger ne la prendra pas par l’estomac.

Etrangement quelques instants plus tard, elle entendit encore des pas. Sans plus y faire attention, elle descendit de son arbre en se cachant derrière celui-ci. Offusquée d’être déranger, celui qui arrivait allait passer un mauvais moment. Une fois l’individu à porter de main, la panthère fit un bon mémorable en faisant basculer l’inconnu sur le sol. Au dessus de celui-ci, la gueule non loin de son visage, Gabrielle montra des crocs bien pointus. En vue d’effrayer la personne pour qu’elle parte … La tranquillité de Gabrielle n’est pas une chose à prendre à la légère.
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Ashmay Cuhuac
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MessageSujet: Re: A côté des morts. So Wild!   A côté des morts. So Wild! Icon_minitimeMar 1 Juil - 1:06

Depuis le temps qu’il le connaissait, le marchand avait confiance en Ashmay. Cela lui valait la jalousie de quelques uns des autres vendus et le mépris de ceux qui n’appréciaient pas leur condition. Lui ressentait ces tensions et cherchait d’autant plus un protecteur. Du coup, il venait se fourrer encore plus dans les jupes du marchand qui l’appréciait d’autant plus. Cercle vicieux pour Ashmay.

C’est donc en tant que favori de la cour de l’étal qu’il se vit confier une tâche d’une certaine importance dès la fermeture. Le marchand lui remit un panier d’osier et il se vit envoyé aux marécages de l’Erèbe. En effet, c’était le seul endroit où poussait l’osine. Une plante d’eau qui avait d’étranges propriétés très appréciées des maisons closes de Schéol et des marchands. En fait, de tous ceux qui devaient tenir en main des personnes un peu récalcitrantes. L’osine convenablement préparée permettait en effet de droguer les esclaves et les rendre plus docile. L’effet n’était que temporaire et il n’y avait pas de service après vente pour ce rayon d’esclaves d’occasion.

L’esclave paya donc un passage sur la barque de Charon avec l’argent que lui avait donné le maître. Le compte juste pour les deux voyages. Signe que le marchand ne lui faisait pas tout à fait confiance et qu’il connaissait le prix du passage. L’esclave s’enfonça donc dans les marais à la recherche de sa plante miraculeuse.

Il commençait à avoir presque remplit la moitié de son panier et son dos commençait à le faire souffrir à force de se pencher pour ramasser ces tiges dont seul le cœur était utile et qu’il extrayait dans la foulée. San compter que l’esclave n’appréciait pas particulièrement de croiser des cadavres et de devoir détacher de ses mollets les sangsues qui préféraient encore de la viande fraîche et chaude.

Ashmay se redressa un instant, s’étirant un peu le dos avant de repartir vers un autre trou d’eau où la plante était susceptible de pousser. Il marchait tranquillement le panier à la main lorsqu’il vit le ciel basculer sur lui et le sol s’écraser contre son dos. Sous le choc, il ferma les yeux lâcha son panier. Il les rouvrit lorsqu’il sentit quelque chose se frotter contre sa corne et un souffle chaud se répandre sur son torse dénudé. C’est alors qu’il comprit que c’était lui qui était au sol et que le monde n’avait pas bougé autour de lui.

« Un chat ! Un chat noir ! Aaaaaahh !»

Mauvais présage, il avait écarquillé les yeux sous la surprise et la peur. Il se rendit ensuite compte de la taille des pattes et se dit que le chat était vraiment gros. Il fallait effectuer le contre sort pour les chats noirs en conséquence. Et le fit.

Il se mit donc à cracher par quatre reprises le plus vite possible sur la tête de la panthère avant de lui agripper les oreilles et de les tordre en prononçant les paroles habituelles :

« Agozi ucutapac ! Poutouyou hucuapac ! Agozi utapac ! Poutouyou hucuapac ! Agozi utapac ! Poutouyou hucuapac ! Psshh ! Psshh ! »

En faisant de grands gestes devant la gueule du félin, lui effleurant les poils et la chair du bout des doigts. Avant de finalement, effectuer le contre sort ultime. Il fit une bulle avec son chewing gum qu'il n'avait miraculeusement pas avalé et la fit exploser près du nez de la panthère.
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MessageSujet: Re: A côté des morts. So Wild!   A côté des morts. So Wild! Icon_minitimeMar 1 Juil - 2:20

Les yeux bleus de Gabrielle étaient plongés dans ceux que garçon. Hurlant par-dessus tout « chat, chat » ne savait-il donc pas faire la différence entre un chat et une panthère ? Ce n’était pas vraiment un humain, la femelle eut le temps de remarquer une corne planté au beau milieu du crâne de ce qui semblait être une Ombre. Cheveux très clair, visage agréable avec deux yeux d’un rouge sang. Il hurlait dans les oreilles de la pauvre créature qui ne pensait pas attisé la folie de ce garçon. L’agrippant de tout part, il avait … craché à la figure de Gabrielle.

« Agozi ucutapac ! Poutouyou hucuapac ! Agozi utapac ! Poutouyou hucuapac ! Agozi utapac ! Poutouyou hucuapac ! Psshh ! Psshh ! »

Le fauve ne comprenait absolument rien des dires du garçon. Serait-il sorti d’un asile de fous ? Non mais, après lui avoir envoyé sa bave au museau, il recommençait à faire le pitre. Et comment, faire éclater une drôle de matière sous forme de bulle. Le fauve n’était pas du tout content, plaquant d’avantage ses oreilles vers l’arrière, il laissa échapper un rugissement au visage de l’inconnu. Laissant des coulés de baves atterrie sur le garçon en dessous. C’était ça façon à Gabrielle de lui rendre la monnaie de sa « salive ». Elle n’aimait se genre d’attitude, mais bon, elle n’avait rien demandé. Mise à part un peu de tranquillité.
La panthère se recula pour venir s’assoir sur son arrière-train, passant sa patte sur son museau pour enlever cette substance dégoûtante qui lui collait au pelage. Heureusement que les « chats » étaient propre sur eux, un coup de langue par ci et le tour est jouer ! Le fauve secoua frénétiquement la tête et se redressa. En un rien de temps, le félin laissa la place à une jeune femme.

Portant sur elle des habits traditionnels, elle écarta d’une main les mèches qui lui tombaient sur le visage. Et sur un ton froid, elle lança à la créature toujours étalé sur le sol :

« Sombre idiot, n’es-tu donc point capable de reconnaître une âme sous une autre forme ?! »

La fulgurante haine de Gabrielle frappait à la porte. Il était connu que la jeune fille n’aimait pas les êtres masculins. Disons qu’ici, elle avait le choix, encore une fois. Soit, s’amuser un peu avec lui ou bien, être désagréable au point de vouloir partir. Aucune ne lui plût. Elle s’approcha du garçon, en s’agenouillant devant lui. Tout en saisissant son menton, elle le scrutait d’un peu plus près. Gabrielle ne s’était pas trompée, il s’agissait d’une Ombre. Sûrement esclave, vu son comportement un peu prématuré.

« Quelle est ton nom ? »

Elle laissa tomber sa main sur sa cuisse, tout en restant droite, elle n’avait jamais vu pareil créature dans le Schéol. Et cela la perturbait assez profondément. Comme si cela était courant de voir un garçon se balader presque nu avec une corne sur la tête.
Gabrielle remarquait aussi qu’il était venu chercher des plantes qu’on ne trouvait qu’au marais. Le panier non loin, tombé sur le sol dans sa chut. Elle se releva pour s’en saisir et ramasser ce qui devait être à l’intérieur. Elle le lui tendit.

« Fais attention à toi l’Ombre. Cracher au museau d’un fauve peut être dangereux »

Disons, qu’elle parlait surtout d’elle. Ne pardonne pas deux fois. Cette Ombre avait de la chance de ne pas être son esclave. Gabrielle n’osait même pas imaginer ce qu’elle lui ferait endurer pour son geste de toute à l’heure. Mais ne nous emballons pas, il avait sûrement une espèce de phobies ou quelque chose dans le genre des « chats » noirs. Excellent à savoir.

« Que viens-tu faire ici ? Ton maître te laisse partir seul dans les marais ?! »

Il n’était pas courant qu’un maître donne des libertés à son esclave. Pour Gabrielle, tous ses anciens esclaves avaient servi de jouet à Cerbère ou autres.
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Ashmay Cuhuac
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MessageSujet: Re: A côté des morts. So Wild!   A côté des morts. So Wild! Icon_minitimeMar 1 Juil - 15:00

Sous ses yeux agrandis par l’émerveillement, la panthère se transforma en jeune fille. Avant même qu’elle ne put dire quoi que ce soit, il fit un grand sourire et poussa un cri de joie. Toujours allongé, il sautilla sur place en s’exclamant avec sa joie habituelle :

« Ouaiiiiiis ! La malédiction, elle est partie ! Elle est partie ! Alors, madame, vous êtes contente ? J’ai rompu le charme de la vieille sorcière qui vous avait transformé en chat ! »

Il posa un doigt sur ses lèvres et pensa à voix haute :

« Quoique dans les contes habituels, ils se font toujours transformer en grenouille. Ca doit être ça depuis qu’ils sont passés au vingt et unième siècle. Ca doit être l’évolution des sortilèges de contes de fées. »

Puis il reporta son attention sur la jeune fille et reprit encore :

« Alors ? Alors ? Ca fait quoi d’être de nouv ?
- Sombre idiot, n’es-tu donc point capable de reconnaître une âme sous une autre forme ?! »


A cette réponse emportée, Ashmay se ratatina sur lui-même, essayant de prendre le moins de place pour la tempête qui s’annonçait. La pointe de la corne descendit de plusieurs centimètres car sa tête s’était enfoncée entre ses épaules. Il l’avait aussi penché vers l’avant, regardant désormais son pagne de coton qui n’était plus si propre et le sol un peu humide du marais. Il sentit des mains lui relever le menton. Surpris, il croisa un instant le regard avant de baisser les yeux, incapable de le soutenir la supériorité apparente de l’âme donc de la libre. Il la laissa faire sans rien oser avant qu’elle ne lui demande son nom. Il s’éclaircit la gorge avant de répondre d’une voix plus ou moins hésitante :

« Ashmay, Madame. Ashmay Cuhuac. »

Il ne s’aventura bien évidemment pas à lui demander la pareille. C’était insolent envers une libre. Elle lâcha son menton, il baissa la tête, la corne amorçant un mouvement dangereux qui la frôla de près. Cela faisait plus de cinq siècles qu’il la portait, il l’oubliait toujours autant. Il fallait dire qu’il ne pouvait pas la voir autrement que dans un reflet ou un miroir. Il sentait toujours la présence de la jeune fille près de lui. Il l’entendit se relever et s’éloigner un peu. Alors, il osa relever la tête et commencer à se redresser pour se retrouver debout. Il vit la libre qui lui tendit alors son panier.

Il sursauta s’en empara un peu trop vivement pour la dégager de cette charge et la remercia dans la foulée. Elle lui prodigua un conseil. Il baissa la tête et répondit :

« Bien, Madame. Je saurais m’en souvenir. »

Mais après un instant de silence où l’on voyait bien qu’il avait encore quelque chose à dire, il ne tint plus et ajouta avec sa franchise usuelle :

« Mais, Madame… C’était comme un gros chat noir. Ca porte malheur les chats noirs. Il fallait que je conjure le mauvais sort… »

Il allait de nouveau ajouter quelque chose lorsqu’elle l’interrompit. A la question, il se redressa, reprenant un grand sourire. C’était là un sujet sur lequel il n’était pas en faute.

« Et bien Madame, en fait, il n’est pas tout à fait mon maître. C’est le marchand chez qui je suis en ce moment en attendant d’être vendu. Mon précédent maître à perdu au casino contre un Monsieur très bizarre. Je m’en souviens comme si c’était hier. Bon, c’était la semaine dernière. Mais il avait des cheveux rouges ! Et des yeux de chat ! Ca a peut-être dû lui porter malheur… Mais le marchand, c’est un monsieur très gentil. Je suis sur que si vous lui dites que vous venez de ma part, vous aurez une réduction sur un de ses produits ! C’est à la boutique du bon vivant. Bon, il y a aussi des ombres comme moi, mais il avait pas d’idée pour le nom de sa société. Alors il a mis ça. C’est pas mal, non ? »

Il avait terminé en tenant son panier dans son dos par la anse et en pivotant un peu autour de la taille montrant inconsciemment sa joie. Il ne s’était bien sur pas rendu compte qu’il n’avait absolument pas répondu aux questions posées…
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Gabrielle Queensbury
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MessageSujet: Re: A côté des morts. So Wild!   A côté des morts. So Wild! Icon_minitimeMar 1 Juil - 17:10

Gabrielle haussa un sourcil, de plus en plus étrange. Elle se trouvait face à une Ombre très … Comment dire, comique. Ashmay, voilà un prénom pas très courant. Il venait donc de la boutique bon vivant. Certes original quand on sait qu’il y avait tous genre de créatures en son intérieur. Vivants et Ombres esclaves. L’histoire du garçon était tout aussi bizarre. Comment pouvait-on parier son esclave lors des jeux ? Enfin la créature ne semblait pas si traumatisée que ça. En ce moment, il était tout de même en semi-liberté.

« … Alors il a mis ça. C’est pas mal, non ? »

Sautillant sur place, Gabrielle se disait qu’il n’avait jamais reçut de correction pour étouffer sa joie. Les maîtres n’étaient de toute façon pas tous pareil, la preuve ; Jamais la jeune femme n’avait laissé un seul de ses esclaves lui parler de cette manière. Ca se résumait à : « Oui mademoiselle ». A vrai dire, elle n’avait jamais entretenu une quelconque discussion avec les asservis. Trop ‘’ petit ‘’ pour mériter sa grâce. Cependant, Ashmay pouvait être un excellent jouet d’amusement … Du moins pour Cerbère.

« Bien sûr. Mais tu ne m’as toujours pas répondu. Que viens-tu faire ici ? »

La jeune fille n’aimait pas non plus que l’on ne lui réponde pas sur le champ. C’était très frustrant de parler pour ne rien dire, donc, de bonne grâce autant y revenir dessus jusqu’à avoir une réponse satisfaisante. A quoi bon pouvait lui servir ces plantes ? Repas, magie … Hm.
Gabrielle s’éloigna un peu pour venir s’asseoir sur un rocher, faisant basculer sa tête vers l’arrière, ses yeux fixaient le ciel. Il lui semblait n’avoir jamais changé, toujours aussi incomplet.

« Qu’est ce que … »

Un bruit la coupa dans sa phrase, encore des pas qu’elle connaissait bien, elle y mettrait sa main au feu. Elle reprit la forme d’un félin, fit un bon pour pousser Ashmay dans l’eau. Et sur un ton mi grognon mi pressé, elle lui murmura.

« Reste là et ne dis rien ! »

L’Ombre était bien « caché », baignant au milieu des morts. Il ne restait plus pour lui qu’à espérer qu’il n’ait pas peur de l’eau. De son côté Gabrielle, remonta sur le tronc, tout en faisant mine de dormir. L’étranger approcha sans faire de bruit – bien que Gabrielle l’ait entendu-, il agrippa la queue du félin qui battait dans le vide en tirant dessus.

« Gaaaaaabbbriiieeeeellllleeee !! Debouuut !! »

Fichu gosse, le félin gronda sur le petit Martin. Le petit blondinet aux yeux bleus n’avait pas plus de huit ans. Celui-ci était tragiquement mort dans la fleur de l’âge. N’étant pas ici depuis aussi longtemps que sa cousine, il aimait par-dessus tout la suivre où qu’elle allait. Sourire cynique au coin des lèvres, il se laissa balancer au dessus du marais en prenant la queue du fauve pour corde. Heureusement qu’il n’était qu’un poids plume.

« Oh t’as vu, Gab ! Il y a encore plus de morts que la dernière fois ! »

Assez, elle se redressa en saisissant le col du t-shirt du gamin entre ses crocs et redescendit sur la terre ferme. Le laissant lourdement tomber, de nouveau femme, elle le gifla.

« Odieuse progéniture de mon oncle ! Grand-mère te cherche depuis tout à l’heure. Rentre maintenant ! »

Le petit garçon vexé, rentra en pleurant comme un abattu. En n’oubliant pas de cracher à sa cousine qu’elle n’était qu’une « méchante vipère». Il entendra parler d’elle quand celle-ci rentrera. Tout en prenant soin de plisser sa robe, la jeune femme en avait presque oublié l’Ombre, d’un pas précipiter, elle se pencha sur le rebord du marécage en cherchant Ashmay des yeux. En effet, elle le retrouva …

« Désolé. Je n’ai pas envie qu’on me surprenne à parler avec une Ombre esclave. »

Il serait mal vu, en effet que la jeune fille d’une famille haut placé, parle avec un asservi, surtout que ce n’était pas dans son habitude. Elle hésite avant de lui tendre la main pour l’aider à sortir des eaux troubles. Elle fit tout de même un effort, offrant ainsi sa main au jeune garçon …
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Ashmay Cuhuac
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MessageSujet: Re: A côté des morts. So Wild!   A côté des morts. So Wild! Icon_minitimeMar 1 Juil - 21:32

Ashmay se redressa encore un peu lorsqu’elle lui répondit qu’elle était d’accord avec lui et surtout, avec son maître temporaire. Mais il rougit un peu et baissa la tête lorsqu’elle lui reposa la question qu’elle avait déjà posée précédemment :

« Oui. Excusez-moi, Madame. Le marchand m’a envoyé ici pour cueillir de l’osine. Il faut que je remplisse le panier. Ce marais est le seul endroit de tout Schéol où elles poussent. Quant à votre autre ques ? »

L’âme se sentit bousculé et perdit son équilibre malgré des battements de bras qui aurait pu faire croire qu’il essayait de se prendre pour un moulin à vent – petite évolution : il était déjà un moulin à paroles. Il ne s’attendait pas à ce choc contre l’eau et en respira un peu. Il se redressa pour tousser mais entendit une voix menaçante. Tout autant que le ton, c’était l’ordre donné qui le poussa à obéir à ce qu’il avait entendu. Il s’obligea à rester caché dans l’eau. S’obliger était bien le terme. Voir ces corps flotter autour de lui rappelait des souvenirs qu’il n’aimait pas mais c’était surtout le bouillonnement qui s’approchait de plus en plus de lui qui lui faisait peur.

Il se mordit la lèvre pour ne pas crier alors que le gamin se prenait une tarte. Lui se demandait quand il partirait car il commençait franchement à détester sa situation. Une larme de douleur tomba de ses cils et alla couler solitairement le long de sa joue. Mais peu après, il vit apparaître entre les hautes massettes le visage de la fille qui lui avait donné l’ordre. Si l’âme se disait ennuyée lui n’attendait que le moment où elle le libérerait de cet ordre. Lorsqu’elle lui expliqua la raison de sa directive, l’ombre hocha rapidement la tête. Trop vite pour qu’il ait vraiment écouté ce qu’elle disait. Il sursauta et étouffa un sanglot. Lorsqu’elle tendit sa main, il s’élança vers la berge sans prendre sa main. Il savait qu’il irait plus vite en grimpant sans son aide. Là, du coup, ce n’était plus pour ne pas importuner une libre ou quoi que ce soit d’autre.

Sur la berge, on put enfin comprendre la raison de son empressement. Sur toutes les parties de son corps qui avaient été immergées dans ce marais étaient accrochées des sangsues. L’ombre se pencha pour regarder cela alors que déjà un des invertébrés se détacha, gorgé de son sang. Ashmay étouffa un sanglot et commença à poser ses doigts sur les bestioles les plus proches. Celles-ci se mirent à tomber sur le sol. Il continua même si sa tâche se faisait plus difficile : il avait commencé à tuer les parasites par le haut et le sang avait déjà reçu son anticoagulant, coulant en de longues traînées sur son corps blanchâtre, pendant que ses épaules se soulevaient un peu convulsivement. Il parvint à murmurer d’une voix cassée :

« Merci, d’avoir voulu m’aider à me sortir de là, Madame. »

Il pensait sincèrement ce qu’il disait.
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Gabrielle Queensbury
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MessageSujet: Re: A côté des morts. So Wild!   A côté des morts. So Wild! Icon_minitimeMer 2 Juil - 0:51

Ashmay dédaigna l’aide de la jeune fille. Se précipitant pour sortir de l’eau, Gabrielle haussa un sourcil, ne comprenant pas vraiment le comportement de la créature. Il se trouvait derrière elle, tournant ses yeux vers lui. L’horrible scène la fit sursauter. Elle comprenait à présent l’agitation et l’empressement … Une bonne dizaine de bestioles noirs lui collaient à la peau. Malheur des sangsues, ces affreuses créatures qui sucent le sang de leur hôte –quelle impolitesse !-.

« Merci, d’avoir voulu m’aider à me sortir de là, Madame. »

Il avait mal sans aucun doute, arrachant difficilement les bêtes sur sa peau. Quelques unes d’elles avaient déjà mordues dans la chair, le sang en était la preuve. Gabrielle s’approcha d’Ashmay en se plaçant dans son dos. En effet, elle scrutait la parcelle de peau nue et trempée, affectée par les envahisseurs.

« Evite de bouger »

D’un geste un peu hésitant, deux doigts viennent se refermer sur une des bestioles gluantes et glissantes. Tirant doucement, elle résistait avec ardeur. Gabrielle sera les dents et tira d’un coup vif. Voilà une excellente manière de torture au passage. Mais bon, ici, Gabrielle n’y prenait aucun plaisir. Ce n’était pas volontaire et elle n’avait pas envie que l’Ombre rentre chez lui en mauvaise état. Bien qu’elle n’avait rien à craindre du marchant. Mais tout de même. Il n’avait rien demandé ce pitre.

« Tu vois l’Ombre, c’est dangereux de cracher au museau d’un fauve. »

Elle sourit à sa remarque, d’un côté, elle ne faisait que rendre la monnaie de sa pièce à Ashmay sans lui faire trop de mal. Excepté les sangsues, ça ne devait pas être trop agréable d’avoir des crocs inconnus dans sa peau et qui en plus, vous vole votre sang. Des sangsues … Comment les êtres humains, les hommes, Lui. Il lui avait volé sa jeunesse, sa vie. Elle le haïssait. Gabrielle tirait avec acharnement sur les monstres gluants et dégoûtants. Tombant à terre, elles finiront bien pas mourir comme de vulgaires limaces, ou alors elles tenteraient de regagner la mare en se trainant de tout leur poids sur le sol.

Le dos du jeune homme était un peu ensanglanté mais rien de très grave. Elle se recula d’un pas. Regardant sur le sol les petites bêtes se débattre à la lueur de lumière qu’exerçait le ciel sur la terre sombre et presque nue de vie. C’est à la fois un plaisir pour les yeux de la jeune femme d’observer un être vivant sur le point de mourir.

Elle regardait autour d’elle, personne mise à part eux deux. La végétation sauvage était morte mais abondante. On comprenait pourquoi les cadavres de vivants étaient jetés ici. Est-ce que ma dépouille d’Ashmay se trouvait là, elle aussi ? Mais après tout, il devait être ici depuis bien longtemps, son corps n’a certainement pas survécu au temps et à la décomposition. Et son corps à elle ? Avait-il été abandonné dans la forêt, ou avait-il été jeté du haut de la falaise ? Des questions qui resteront sans réponse, Gabrielle le savait. Il est mauvais de retourner dans le passer. Surtout pour cette jeune fille au passé étiolé, elle s’était promis vengeance de retrouver Balzac et de l’envoyer se noyer dans Léthée. Il ne méritait que ça après tout, le seul problème était qu’elle ne l’avait jamais revu depuis plus de 500 ans.

« Pour ma part, ma venue dans ces lieux est assez simple. Je voulais me retrouver un peu seule. Et il n’y a pas de meilleur endroit que le marécage pour ça.»

Nous ne dirons pas que Gabrielle se sentait « étouffée » chez elle, c’était juste que les gens de sa famille la collait un peu trop. Beaucoup trop même. Elle aimait énormément les moments de solitudes occasionnelles bien entendu. Rester seule trop longtemps, elle ne supporterait pas.
Avec un petit sourire aux lèvres, elle ajouta :

« Mais puisque tu es là, on peut dire que mon envie de rester seule s’est dissipée. »

Ombre ou jouet ? Aucune idée, elle ne se posait pas vraiment la question, il était là c’est tout et elle devait faire avec. Alors comme ça, cela ne faisait qu’une semaine qu’il était à « vendre ». Elle n’avait jamais été sur le souk, ses anciens esclaves appartenaient à la famille. Ce n’étaient que des cobayes, aucun ne la satisfaisait vraiment.

« Comment se comportaient tes anciens maîtres avec toi ? »

S’il avait déjà été battu, elle en serait fort étonnée. La bonne humeur d’un esclave était toujours déséquilibrante. Ils étaient censés être abattu, triste, soumis, tête baissée ! Alors que Ashmay, lui, ne laissait paraitre aucune douleur d’un passé traumatisant …
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Ashmay Cuhuac
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Ashmay Cuhuac

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MessageSujet: Re: A côté des morts. So Wild!   A côté des morts. So Wild! Icon_minitimeMer 2 Juil - 18:31

Concentré sur lui-même, Ashmay ne se rendit pas vraiment compte qu’elle passa dans son dos. Il ne le comprit que lorsqu’elle intima l‘ordre de ne pas bouger. Il comprit et fit ce qu’elle dit. Il ne sentait pas où se trouvaient les sangsues désormais. Celles-ci lui ayant déjà injecté des anti-douleurs locaux. Mais il sentit tout de même sa peau se tirer trop. Il se redressa, rompant l’obéissance tandis qu’elle lui répétait la dangerosité de contrer le mauvais sort d’un chat noir. Avant même qu’il n’eut pu faire quoi que ce soit, il vit une forme molle tomber au sol en se contorsionnant un peu. Il posa sa sandale dessus et se recula avant que l’âme ne touche à autre chose. Il la regarda droit dans les yeux :

« Je ne sais pas Madame, pour les félins. Aucun d’eux ne m’a sucé le sang. Mais je vous remercie de bien vouloir m’aider. Mais sans vouloir vous offenser, si je puis me permettre, Madame, il ne faut pas faire comme ça. Je crois que vous avez tiré dessus, non ? C’est dangereux. Parce qu’elles peuvent régurgiter ce qu’elles ont avalé et me transmettre des bac-thé-riz. Un truc qu’ils ont découvert au vingtième siècle et qui est très dangereux. Tenez, si vous voulez continuer à m’aider, je vais vous montrer. »

Il tendit son bras et commença à effectuer un geste bien différent de ce qu’il avait fait jusqu’à lors.

« Voilà. Alors, placez votre ongle comme ça, sur la peau, juste à côté de l’extrémité la plus fine. C’est celle qui suce le sang. Ensuite vous glissez doucement mais sans céder, hein, et donc la sangsue ne peut pas mordre votre ongle. Ensuite vous détachez l’autre bout, le plus large et vous jetez. Mais si vous ne voulez pas faire, ce n’est pas grave, vous savez… Je ne voudrais pas abuser de votre gentillesse. »

La sangsue se contorsionnait sur le sol, quelques mètres plus loin. Alors que le sol aux pieds d’Ashmay était recouvert de cadavres immobiles. D’ailleurs lui ne faisait pas du tout le même mouvement. Il se contentait de passer sa main au dessus des suceurs de sang, voire de les toucher pour certaines, et toutes se détachaient d’elles-mêmes et tombaient après quelques secondes. Mortes. L’esclave se courba et commença à enlever celles qui se trouvaient sur ses jambes. Elle semblait avoir fini d’enlever les sangsues de son dos ou pas. Après la douleur de la morsure, leur salive lui injectait des substances qui le calmait. Il ne sentait plus rien sauf les coulées de sang dans son dos. Il espérait qu’il n’y en avait pas trop car il avait d’autre chose à faire jusqu’à ce que les saignements s’arrêtent.

Le silence dura jusqu’à ce qu’il eut terminé de tout enlever. Il arracha quelques touffes d’herbes hautes et se les frotta. L’âme reprit la parole alors qu’il se redressait et jetait ce qu’il tenait en main. Dès qu’il entendit son désir de solitude, il commença à s’excuser, baissant la tête, presque honteux de l’avoir dérangée. Il se détendit à entendre la suite. Son sourire ressurgit timidement et il osa lever les yeux. Puis Il ouvrit de grands yeux à la question. C’était une question surprenante. Surprenante dans ces lieux. Il l’entendait beaucoup depuis deux jours durant les heures d’ouverture mais pas là. Etait-elle une acheteuse potentielle ? L’intéressait-elle ? Il reprit avec sa sincérité habituelle :

« Et bien Madame, mes anciens maîtres étaient… Et bien, en fait, cela changeait. Certains étaient très gentils et me laissaient faire un peu ce que je voulais tant que je faisais mon travail correctement et que je les satisfaisais dans ce qu’il attendait de moi. D’autres étaient plus stricts et je devais suivre très précisément leurs instructions. Mais votre question est très large, Madame, je ne sais pas très bien ce que vous attendez comme réponse. Je vous répondrais au mieux si vous n'êtes pas satisfaite de ma réponse.»

L’esclave releva la tête et la regarda. Puis une lueur passa devant ses yeux et il sursauta et s’écria en portant une main devant sa bouche :

« Mince ! Mon panier ! »

Il l’avait complètement oublié celui-là, un peu plus intéressé par se sortir de sa situation que de sa tâche. S’il avait eu un maître fixe, il aurait estimé que s’être occupé de lui plutôt que de sa récolte aurait été une faute impardonnable. Mais comme il était chez un marchand, il ne devait pas gâcher la vente ou faire diminuer son prix. L’ombre regarda u peu partout autour de lui et ne voyant d’abord rien, se mit à se plier en deux et à écarter frénétiquement les touffes d’herbes pour retrouver son panier. En espérant farouchement qu’il n’était pas tombé à l’eau.
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Gabrielle Queensbury
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MessageSujet: Re: A côté des morts. So Wild!   A côté des morts. So Wild! Icon_minitimeJeu 3 Juil - 1:09

La réponse satisfaisait assez la jeune fille, pas besoin d’aller trop dans les détails. Les choses expliquées rapidement lui était favorable que d’écouter une histoire très longue et par conséquent : ennuyeux. Les sourires d’Ashmay se faisaient rapidement remarqués, timide mais pourtant très bavard. Un vrai moulin à parole. Il pourrait tenir la conversation à lui tout seul dans le fond. Gabrielle n’avait pas vraiment l’habitude à ce qu’on lui parle autant, et cela n’était pas pour lui déplaire, loin de là.

Sans prévenir, l’Ombre s’exclama vivement. Apparemment, il avait perdu son précieux panier, les recherches ne se firent pas attendre, le voilà déjà entrain d’écarter les herbes. Un peu étonnée, ce n’était pourtant qu’un panier. Enfin, décidant de l’aider, elle s’activa comme elle le pouvait pour le chercher.

L’expédition commença dans les herbes un peu plus loin, il était toutefois plus intelligent de chercher là où il était tombé. Rien par ici, rien de ce côté. Gabrielle s’approcha du rebord du marécage, ses yeux scrutaient avec ardeur la moindre parcelle d’eau. Rien, que des morts d’un blanc impeccablement en décomposition. De plus, avec les sangsues dans ce marais, l’Ame hésitait à trop se pencher vers l’avant. Aucune envie de se retrouver dans le même état que l’Ombre, il y a encore quelques minutes. Après quelques instants de recherche instantanée, elle le retrouva enfin. Le seul problème, était qu’il semblait être coincé sous une branche … à la surface de l’eau. Tranquillement lové sur le bas côté du rebord, Gabrielle se pencha pour essayer de l’atteindre. Mais rien n’y fait, il était trop loin.

Elle s’apprêta à appeler l’Ombre, mais s’il faisait encore un faux pas, il allait encore être couvert de ces bestioles gluantes. Donc elle n’en fit rien, préférant se débrouiller seule. L’Ame s’agrippa à une racine et se laissa glisser doucement sur le rebord, évitant soigneusement les eaux troubles. De son autre main libre, elle vint chercher le panier. Refusant de bouger, Gabrielle avait beau insister et tirer de toutes ses forces, il ne bougeait pas. A croire que les morts avaient décidés de garder ce bien près d’eux.
Se penchant d’avantage, elle parvient enfin à retirer le panier coincé. Malencontreusement, elle glissa accidentellement, sa jambe vint s’engouffrer dans le marais. Toujours accrochée à la racine, elle remonta avec difficulté sur le rebord, en tenant le panier dans son autre main.

« Trouvé ! »

Debout, elle déposa le bien d’Ashmay sur le sol, pour venir s’assoir à son tour sur l’herbe. Une drôle de sensation lui fallut une coulée de frisson sur tout le corps. Haussant un sourcil, elle remonta sa robe jusqu’à mi cuisse. Horrifiée par ce qu’elle voyait : cinq bestioles gluantes accrochées farouchement à sa peau. Sentant comme des dents se planter en elle, elle serra les dents. Respiration un peu plus rapide, elle n’osa pas les toucher, comme pétrifiée à l’idée qu’une petite créature pouvait lui volé de son être. Le mal aise la prit, fixant toujours sa jambe à demi fléchie du sol. Elle dit d’une voix effrayer en entendant Ashmay s’approcher :

« Non !! »

Les yeux fermés, la tête baissée vers le sol, Gabrielle ne voulait pas qu’on la touche. Mais pourtant, il fallait bien se débarrasser des sangsues. Au risque de tomber dans les pommes, elle prit une bonne bouffée d’air en retenant son souffle. Tentant de se calmer mentalement, se disant que ce n’était pas de petites bêtes qui allaient la manger …

Un cri aigu s’échappa de sa bouche, les yeux écarquillés. C’est la fin, se disait-elle. Quoi de plus horrible comme sensation de vous faire enlever votre liqueur. Loin d’être gratuite. Elle leva son regard vers l’Ombre, ne savant plus trop quoi faire. A cette allure, on allait lui voler tout son bien. Ravalant sa fierté, elle baissa la tête en murmurant une demande à Ashmay : de les retirer.

Gabrielle laissa son dos prendre contacte avec le sol. Fixant le ciel d’un œil envieux, elle se préparait surtout mentalement à la douleur qu’allait provoquer le déchirement du contacte de sa peau et des limaces suceuses de sang. Mordant sa lèvre inférieure, elle n’avait qu’une seule hâte, qu’il se dépêche…
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Ashmay Cuhuac
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MessageSujet: Re: A côté des morts. So Wild!   A côté des morts. So Wild! Icon_minitimeJeu 3 Juil - 11:30

Ashmay continuait à fouiller les herbes en espérant y trouver son panier. Il croyait l’avoir lâché avant de tomber à l’eau et ramassait d’ailleurs ça et là quelques brins d’osine qui s’en étaient échappé. Malheureusement, il ne voyait pas le panier et la piste des fines herbes le menait droit au marais. Il cueillait donc sa cueillette pour une deuxième fois lorsqu’il entendit une exclamation provenant de la libre. Il posa ses herbes devant lui en un tas qu’il espérait suffisamment significatif pour retrouver ensuite la trace des feuilles puis se leva et rechercha la jeune fille du regard. Mais il sursauta en la voyant assise à terre en train de fixer lividement sa jambe.

Il s’approcha lorsqu’elle lui intima le contraire. L’ombre se figea instantanément et resta debout bras ballant à se demander ce qu’il pouvait faire. Elle avait fermé les yeux et semblait plus pâle de minute en minute. Il entame un mouvement pour se rapprocher d’elle comme un cri sortait de sa bouche. Il avança d’un pas, s’arrêta et revint là où il était l’instant auparavant, se souvenant de l’ordre. Un ordre était un ordre bien qu’Ashmay se demandait honnêtement pourquoi elle le lui avait donné. Il estimait qu’un libre sans esclave pour l’accompagner n’était bon à rien. D’ailleurs, il sourit joyeusement lorsque sa demande lui prouva ses opinions. Il s’approcha rapidement en réfrénant son sourire qui n’avait plus lieu d’être et s’agenouilla à ses côtés.

« Ne vous inquiétez pas Madame, ce ne sera l’affaire que de quelques secondes. »

Quelques dizaines de seconde plutôt mais il fallait parfois mentir aux libres pour leur bien. Elle n’aurait pas apprécié de savoir qu’il y avait autant de temps jusqu’à sa délivrance. Ashmay posa un doigt sur chacun des invertébré qu’il détacha ensuite juste après. La mort les avait pris en pleine succion mais il n’y avait plus de douleur pour les enlever à ce moment là. Dès qu’ils furent tous tombés, l’esclave tergiversa quelques secondes avant de se décider.

« Je vous aurais bien fait un bandage, Madame, pour stopper les saignements mais il n’est pas propre et vous n’auriez eu qu’une infection et je ne veux pas. Les bac-thé-riz, c’est vraiment méchant. Ca va couler un peu pendant encore quelques temps mais ce n’est pas trop grave. Surtout ne grattez pas même si ça vous démange. »

Ashmay releva la tête et la dévisagea un instant. Ses sourcils étaient un peu froncés et sa bouche un peu pincée. Il reprit d’un ton grave et un peu emporté mais sa voix innocente n’arrivait pas à vraiment intimider :

« Par contre, Madame ! Je vous remercie beaucoup pour m’avoir aidé mais…Vous pouvez me dire ce qui vous est passé par la tête ?!! On ne vous a pas dit que c’était dangereux ?! C’est du travail pour les esclaves ! Pas pour vous ! Vous auriez dû m’appeler quand vous l’aviez vu et je serais allé le chercher ! »

Il baissa la tête, penaud, s’appuyant sur ses mains qui étaient paumes sur le sol entre ses jambes pliées. Sa voix s’étrangla dans sa gorge :

« Voyez où vous en êtes maintenant… »

Il resta là un instant. Puis une main sale se leva de l’herbe et vint frotter un œil. On entendit une parole, à peine plus forte qu’un murmure :

« Je savais bien que les chats noirs, ça porte malheur… J’ai pas bien corrigé le mauvais sort… Je suis vraiment désolé Madame, tout est de ma faute. »

Il releva la tête et la regarda en disant :

« Restez assise là un instant, je vais rassembler l’osine que j’ai ramassé, même si j’ai pas tout un panier, tant pis, j’expliquerai ça à maître N’Djamena et puis je vais vous aider à revenir à l’embarcadère de Charon et à rentrer chez vous, Madame. D’accord ? »

L’esclave la regardait, attendait certes son accord mais il commençait déjà à se lever pour accomplir ce qu’il venait d’annoncer.
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Gabrielle Queensbury
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MessageSujet: Re: A côté des morts. So Wild!   A côté des morts. So Wild! Icon_minitimeVen 4 Juil - 0:32

Décidément, l’Ombre était d’une politesse remarquable, mais avec un culot royale pour oser parler comme ça à Gabrielle. Ne supportant pas recevoir d’ordre ou encore des conseilles, elle se redressa tout de même en prenant appuis sur un rocher non loin. Dévisageant Ashmay, oubliait-il qui il était ? Il n’allait pas tarder à s’en rappeler. L’Ame blessée dans son amour propre, lança un regard froid au garçon. Jamais encore quelqu’un lui avait parlé de la sorte.

« Ashmay, n’oublie pas que tu n’es qu’un esclave et moi une Ame. Je n’ai pas besoin de recevoir de tes conseils. Merci bien »

Déclinant pas la même occasion son aide. Tête de mule, elle n’aimait vraiment pas dépendre de quelqu’un d’autre qu’elle-même. Quoi de plus normal pour une jeune fille comme elle ? Elle resta un instant planté là à le regarder ramasser des herbes. Chaque touffe arrachée faisait hurler la terre de douleurs, même dans le Schéol, les éléments naturels étaient « vivants ».

« Et puis l’Ombre, je ne suis pas ton maître, c’est-ce donc de m’appeler Madame. Cela me gêne. »

Emportée par l’anxiété, Gabrielle ne mesurait plus tellement ses paroles. Après tout, même si elle était une libre, elle pouvait avoir tous les droits sur le soumis. Sa vivacité, sa joie de vivre, tout rebutait la femme. N’étant pas habituée à tant de « bonne humeur » de la part d’un esclave. Elle trouvait ça, sur le coup, un peu rabaissant. Elle n’en fera tout de même pas une histoire.

Un esclave libre. C’était très contradictoire, voir même illogique. Gabrielle trouvait qu’il était temps pour elle d’abandonner le asservis a son pauvre destin de créature enchaîner. La jambe sanglante, elle replia les plis de sa robe par-dessus, une chose était certaine, plus jamais elle ne s’approchera trop près du marais. Décidant de reprendre son activité première avant d’être dérangée, un félin – cette fois ci tacheté – apparut. Elle ne se souciait plus de l’Ombre et remonta sur sa branche.
Lovée au soleil, la bête s’amusait à attraper les insectes au vol avec sa patte antérieur. Par moment, elle baissa les yeux d’un bleu olympe au sol, plus précisément sur Ashmay. Tout en l’observant ramasser ses plantes, elle essayait toujours de coincer entre ses crocs ce moustique qui lui tournait autour depuis deux bonnes minutes. L’insecte trop rapide, évitait plusieurs fois de justesse de passer à la casserole.

La fourrure clair du félin était facilement remarquable dans l’arbre, il était vrai qu’une tache clair avec des ronds noir était difficilement évitable. Enfin bon, Gabrielle n’avait pas très envie que l’Ombre lui envoie des pierres si elle avait reprit la forme d’une félin noir. Pourquoi être superstitieux dans ces lieux ? Le garçon était un peu trop loufoque pour notre fauve. Elle arrêta de se battre avec l’insecte une fois avalé, elle déposa sa tête entre ses deux pattes, fermant les yeux sans pour autant se laisser aller. Ses oreilles étaient toujours en alerte par contre. Et seuls les pas de l’Ombre étaient en activité pour le moment.

Troisième bâillement, Gabrielle se laissa porter vers un néant noir. Le corps parfaitement enveloppé dans un fin tissus de chaleur, le ventre montait et descendait doucement. L’atmosphère baignait dans un calme presque totale, le vent, Ashmay … Rien ne pouvait déranger le félin dans sa sieste.
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